Trifluviennes 1850-1950

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L’objectif premier consistait à procéder au repérage bibliographique afin d’inventorier toutes sources imprimées, manuscrites et orales soulevant des problématiques de recherche propre à notre sujet. Mais, il nous était difficile d’examiner de plus près le rôle socio-économique des trifluviennes sans connaître tout d’abord, le contexte régional. C’est pourquoi, nous avons également retracé les grandes étapes de l’histoire des Trois-Rivières, pour ainsi choisir l’industrialisation comme moteur important de changement.

Trois-Rivières en 1850, est un centre urbain dont l’administration et les commerces s’adressent à trente (30) communautés rurales environnantes. Les femmes célibataires et les veuves y occupent en général des emplois de domestiques, blanchisseuses, commis. Les religieuses s’occupent des secteurs de l’éducation et de la santé publique. Les femmes mariées sont épouse-mère-ménagère. Celles des milieux aisés doivent appuyer les religieuses par l’organisation d’oeuvres de charité.

L’implantation à Trois-Rivières de nouvelles manufactures demandant des couturières diversifient les possibilités d’emplois pour les jeunes filles. Mais il faut attendre l’arrivée du groupe Whitehead en 1907 pour que le travail en usine ne soit plus le fait de quelques cas isolés. Les syndicats se préoccupent peu d’ailleurs des conditions de travail des ouvrières. Le travail salarié féminin n’est pas reconnu comme une permanence, l’orientation professionnelle parfaite étant le mariage. Et un travail salarié n’est accepté que comme période de transition avant le mariage ou comme soutien au revenu familial. La deuxième guerre mondiale apporte des modifications qui marquent définitivement la conscience des femmes. Le domaine de l’éducation témoigne également de la place sociale des femmes. Limitée à un cours primaire, l’instruction des jeunes filles ne commence à se diversifier qu’au début du siècle. Les Sœurs de la Providence donnent leur premier cours d’infirmières en 1904 à l’hôpital St-Joseph. Les Ursulines ouvrent une école normale en 1908. Et ce n’est qu’en 1935 que les Ursulines peuvent enfin offrir un cours classique complet, du primaire au baccalauréat. Enfin, plus le travail en usine devient courant chez les femmes, plus l’enseignement ménager devient courant dans les écoles publiques.

Mais après les études, après le mariage, les femmes avec l’industrialisation commencent à émerger dans les domaines jadis majoritairement masculins: les sports, l’écriture, le journalisme, le théâtre et la politique. Par contre la lutte pour diminuer les épidémies et pour améliorer les conditions sanitaires sont encore sous la responsabilité des femmes. Bien qu’elles soient économiquement présentes et actives, bien qu’elles s’instruisent et obtiennent un baccalauréat, bien qu’elles enrichissent notre culture régionale; à contre-courant, le rôle de mère-ménagère est réaffirmé. La création des écoles ménagères, l’arrivée des Cercles de fermières à la ville, l’image de la femme dans la publicité et la consommation contribuent à maintenir un statu quo devant une situation qui pourtant n’aura aucun arrêt de progression.

Cette recherche nous a permis de découvrir des femmes de lettres: Hélène Brouillette-Beauséjour, Marguerite Bourgeois, Moisette Olier, Adrienne Choquette; des femmes actives: Anais Allard Rousseau, Édouardina Dupont, Blandine Neault. Et beaucoup d’autres visages présents dans notre histoire et qui méritent une attention.

Ce bilan doit beaucoup aux bibliothécaires de notre région, aux archivistes des différents centres de documentation, aux professeurs d’histoire de l’Université du Québec à Trois-Rivières et enfin, à toutes les personnes qui, chaleureusement nous ont consacré de leur temps et le récit de leur vie. Notre grand espoir est que ce bilan suscite l’intérêt pour la recherche et la connaissance de notre histoire régionale.

Claire Labrecque

Tiré du Coteillage, volume 3, numéro 1, p.18-19.

TRIFLUVIENNES, 1850-1950.

Groupe de recherche sur l’histoire des femmes de Trois-Rivières

1983

DIAPORAMA TRIFLUVIENNES 1850-1950

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